Après avoir longuement laissé à l’abandon mon tout nouvel espace internet personnalisé le temps de pester contre Raymond Domenech qui mériterait bien une directive retour (mais vers où?), de croiser les doigts pour pas choper la varicelle de Joyeuse*, de remplir des dossiers avec des enveloppes de tailles étranges pour avant le 16, d’arriver en retard à des kermesses sentant la saucisse à trois kilomètres, d’éteindre la radio par lassitude des sarkoneries toujours plus navrantes, je reviens faire un tour ici avant de partir crapahuter dans la rocaille de haute altitude et de manger des tonnes de spaghetti alla puttanesca.

Convié par la charmante Loukoum°°° à révéler mes kapacités à suivre une recette de son cru, j’ai cette semaine planché sur l’abricot, tout comme ma consoeur La Mangue (il faut un peu la carte du Parti pour comprendre cette phrase, pas de doute). Je profite d’ailleurs de l’occasion pour saluer leurs mérites respectifs en matière de cheesecakes au citron, car comme le dit si bien ma femme en parlant de ses régimes, ce qui est fait n’est plus à faire.

cheesecake citron-speculoos-framboises-philadelphia-ricotta,
une certaine idée de l’hypostase divine
Ok, cessons de nous perdre en palabres gourmandes, et venons-en au fait. Voici ma version de cet extravagant dessert, les abricots au sirop de gingembre et citron vert, pistaches caramélisées et granité au gin.

Heureusement que ce jeu existe, sinon il ne me serait jamais venu à l’esprit de cuisiner un tel dessert, ce qui eut été désolant, car croyez-moi, ça valait le coup; j’envisageais de le servir à mon frère Marmor* (un homme astucieux, dorénavant), mais le pauvre avait couscous chez maman.

Le granité nous a particulièrement bluffé, avec ses parfums subtils; le sirop, une merveille acidulée et piquante; les fruits, fondants et les pistaches, croquantes; les saveurs se marient parfaitement et ça en jette un maximum pour finalement peu de technique (mais beaucoup de vaisselle). J’ai respecté les quantités et suivi la recette à la lettre; le granité a pris au congélateur, je n’ai remué que deux fois au début de la congélation et ça n’a pas pas durci; les pistaches ont pris un coup de chaud en caramélisant, j’ai donc dû leur taper un peu dessus après cuisson.
Un véritable enchantement, merci à Loukoum°°° pour la recette et le challenge!

Et maintenant que je me suis régalé, chers amis, c’est à moi de faire passer le flambeau… Il m’est apparu comme une évidence de partager une de mes plus chouettes réussites et découvertes de l’année, à savoir le Pain sucré de la Brout’mila, une délicieuse brioche bien grasse, à la croûte sucrée et croustillante, associant merveilleusement les saveurs de l’anis et du sésame. Une recette traditionnelle, sortie d’un petit bouquin sur la cuisine juive nord-africaine.

Je n’ai pas hésité longtemps avant de proposer, en toute modestie, cette recette à Sandra, sans qui je n’aurais jamais réussi la moindre pâte levée; je la remercie encore pour sa patience, ses explications, et ses recettes, comme ces quelques exemples qui méritent d’être testés: goûters viennois aux pépites de chocolat, petits pains à la tomate et au basilic, Parker House Rolls…

on perd pas le nord chez les Ricoré
Sandra n’étant pas la seule docteur ès brioches m’ayant inspiré, j’ai la joie de faire également jouer Paprikas, une jeune femme étonnante qui a de la suite dans les idées, grâce à qui, et voyez-vous je lui en suis très reconnaissant, j’ai pu me délecter de cette merveilleusement moelleuse brioche aux fruits rouges ou décorer conformément aux usages ces ravissants M’khabez aux amandes…

des gâteaux de filles (roses)
Bref, à elles maintenant de bûcher, et j’espère que ce pain sucré leur plaira autant qu’à moi! Bon courage!

le cruel envers du décor
« Reduire