Les semaines passées s’annonçaient un peu comme l’enfer chez les Ricoré, comme dans bien d’autres familles plutôt favorisées tout autour de la terre, remarquez.

Les dernières réunions ou conseils de classe, les sorties, fêtes ou spectacles de fin d’année, les répétitions pour les concerts ou auditions de Léonard*, notre jeune musicien de talent, les vacances à finir d’organiser (comprendre: dresser la liste des choses à organiser), tout ça en plus du boulot traditionnel et des activités habituelles (prendre une douche, se nourrir, faire l’amour faire du sport), sans parler des chaussures à moindre coût à essayer dans une chaleur moite puis à acheter ou alors non, je sais pas, qu’est-ce que tu en penses, ça me grossit les chevilles ou non? Quinze jours assez éprouvants.
Tout cela représentait donc à mes yeux l’enfer, mais ça signifie aujourd’hui que ces semaines enfin passées, l’heure est venue de la dernière ligne droite avant ma passion dans la vie: les grandes vacances. Quatre jours. Face à ces deux longs mois d’intense plaisir paresseux qui se profilent enfin, peu m’importent les festivités de fin d’année, les défaites électorales cinglantes, les angines blanches de dernière minute, les remaniements ministériels ahurissants et pleins de promesses ou la pluie battant les pavés après que les nuages aient éclaté. Le bonheur pointe, à portée de jours et voilà. Et puis un vendredi après-midi, l’annonce qu’on n’attendait plus, celle d’un amusant et exotique chambardement.

Alors pour fêter le bonheur éclatant qui se profile derrière les premiers sursauts de nostalgie, voici un menu rose comme les trucs cucul-la-praline que ma fille adore instinctivement, en plus de toutes les choses sur lesquelles elle se rue avec tout le génie de son sexe: chaussures à talons, bracelets, élastiques à cheveux, sacs pleins de petites fleurs… et estival, le menu rose, frais, des herbes, des fruits cueillis à la force du poignet.
Terrine de saumon à la ciboulette

Mixer 600g de saumon frais (sans peau, sans arêtes), 1 oignon, 4 oeufs, 150 cl de crème de riz (!), 2 tranches de miettes de pain de mie, un beau bouquet de ciboulette ciselée, sel, poivre, remplir une terrine beurrée et cuire 45 minutes th 5-6 au bain-marie. Inspiration directe: Gustave.
Charlotte aux framboises

Imbiber légèrement des biscuits de Reims dans un mélange miel-eau, tapisser un moule à charlotte.
Remplir de la moitié de la crème chantilly (300ml de crème liquide montée en chantilly avec un peu de sucre glace) et de framboises, insérer une couche de biscuits roses imbibés légèrement, puis ajouter la deuxième moitié de crème+framboises. Fermer la charlotte avec une dernière couche de biscuits, fermer hermétiquement, placer au frigo et poser un poids (comme une boîte de pois chiches à tout hasard) dessus pour bien compresser.
A part ça, vive la République, la démocratie et à bas les tyrans qui jouent avec les symboles et qui se prendront le retour de bâton de l’Histoire comme il se doit, en temps voulu. Comme vous le constatez, je suis d’humeur lyrique.
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