Mon dîner seul
Ma femme est de sortie ce soir, elle dîne avec des collègues, figurez-vous. « Vous irez où? » je lui ai demandé, « Oh je sais pas », elle me dit, avec un air vague, pour bien montrer qu’elle sait vraiment pas, et puis « dans un bar à vin ». Ce qui veut donc dire qu’en fait, elle savait. C’est ma femme, ça. Je comprends pas pourquoi elle dit qu’elle sait pas alors qu’elle sait. Je vis dans le soupçon permanent.
Après une petite pause méritée devant Eurosport avec une bière, je dois donc procéder à la conception de mon repas, parce que je ne veux pas louper le docu-fiction de Canal+, Dans la peau d’un noir (la suite demain), qui est édifiant et dont le visionnage devrait être obligatoire.
1) j’ouvre le frigo: une tartelette à la tomate avec un post-it de ma femme sur lequel je crois deviner qu’elle a écrit » bon appétit chéri, pense à moi en mangeant! love & sex bisou! »
2) je referme le frigo les mains vides, l’estomac creux, et l’âme en peine
3) j’ouvre le placard pour prendre un paquet de chips, mais comme on n’en n’a pas, nous sommes sains et minces, ces derniers temps, je retourne au frigo prendre ma tartelette.
Pendant que la tartelette se réchauffe au micro-ondes, je grignote un bout de cantal, et je me dis que, sans vouloir être rétrograde, un bar à vin n’est somme toute pas un endroit approprié pour une jeune mère de famille. Et puis c’est pas très diététique, le vin, je croyais qu’elle faisait un régime?

Bon, après il ne me reste qu’à me pelotonner, tel un vieux fruit flétri, au milieu des coussins dépareillés (ma femme absente pense que le beau le coordonné ça fait petit bourgeois), en mangeant ma toute petite tartelette à la tomate, au chèvre et au comté, avec un peu de crème on dirait bien. Elle est bonne, cette tartelette, elle a du mettre des flocons d’avoine dans la pâte, ça croustille. Et puis à l’intérieur c’est vraiment très fondant. Comme mon coeur palpitant qui l’attend (comprenez-moi, elle lira sûrement ce message en rentrant, je dois assurer mes arrières).
En dessert, j’ai pris un verre de lait avec des gauffrettes à la vanille, des dattes, des galettes de semoule de ma mère. Je dois avouer qu’en cas de faim, les petits paquets que me prépare ma mère sont quand même plus nourrissants moins délicats que les tartelettes de ma femme.
EDIT du lendemain matin: je lui ai manqué toute la soirée! Elle sentait la cigarette, les restaurants ne respectent pas encore la loi!
Voici la recette de la pâte, pour 3 tartelettes: mélanger ensemble 100g de farine, 50g de flocons d’avoine, 2 cuillers à soupe d’huile d’olive, sel, un peu d’eau jusqu’à consistance.
Garnir avec: dés de tomates, dés de chèvre, comté râpé, ou ce que vous avez ou aimez, franchement, nous sommes adultes, et compléter avec un oeuf battu avec une peu de crème (alors là, c’est de visu). Mettre à cuire à four chaud 10/15minutes, jusqu’à dorure.
Ca casse pas des briques mais c’est super vite fait et toujours bon!
30 janvier 2007 par grandchef | Catégorie: Non classé | 1011 spirituelles interventions
Crèposuc
Vous avez une crêpe?
Vous avez du suc’?
Eh ben vous prenez une crêpe et vous mettez du suc’ dessus!
(Mais quand même, mécréants, faites fondre du beurre salé dessus, avant de saupoudrer de sucre! On a l’impression d’être déjà à Pouldreuzic!)
29 janvier 2007 par grandchef | Catégorie: Non classé | 108 spirituelles interventions
Les profiteroles, c’est pour les hommes
La salade verte, ça a du bon: c’est frais, ça fait croire à ma femme qu’elle est en passe d’être (très) mince, ça va avec tout.
Oui, mais ça ne nourrit pas son homme.
Du coup, il n’est pas inopportun de se lâcher un peu sur le dessert à l’occasion, et pour un lâchage en bonne et due forme, on a pensé à des profiteroles.
D’abord, les petits choux.
Je m’en occupe. Les pâtes, c’est comme le pain quand j’en ferai, je sens que ça m’élève.
La recette, vous la trouverez partout, franchement, les petits choux c’est pas le mystère du siècle non plus.
Mais attention! Pensez à déssecher la pâte, parfois c’est pas écrit dans les recettes, mais quand même, après avoir incorporé les oeufs un à un, il faut remettre sur le feu doux et remuer jusqu’à ce que la pâte se décolle de la casserole.
Autre chose: les choux sont pudiques, il ne faut pas ouvrir le four sans arrêt pour les mater, sinon ils se défilent, et se ratatinent (voyez le genre). Laissez-les gonfler puissamment pendant la cuisson de 20/25 minutes, tranquilles dans leur coin, vous leur ferez un sort bien assez tôt (voyez le genre).
Quand c’est l’heure du dessert, en regardant Short Cuts sur Arte comme hier soir, envoyez quelqu’un de confiance à la cuisine pour le montage rapide des profiteroles: la personne en question coupera le petit chou, le garnira d’une petite quenelle de glace à la vanille, recommencera l’opération quatre fois pour quelqu’un qui a faim et nappera le tout de sauce au chocolat.
Nous, on aime le chocolat fondu avec un peu de beurre plutôt que de la crème, comme ça au contact de la glace, le chocolat durcit, c’est viril délicieux.
Pour tout un tas de raisons très subtiles, donc, les profiteroles, c’est pour les hommes.
Sachez quand même que ma femme en a mangé trois, et elle a même léché son assiette à la fin.
A mon avis, les régimes, ça ôte toute trace de dignité.
26 janvier 2007 par grandchef | Catégorie: Non classé | 1013 spirituelles interventions













