Une déclaration (ma déclaration) -et du taboulé

Il y a quelques temps, une personne d’autorité nous a dit,  à ma femme et à moi, à l’occasion d’une conversation à bâtons rompus, que nos deux personnes sont profondément marquées par des divergences d’appréciation, d’attitudes et de points de vue, et que non contents d’être différentes, elles s’opposent même de manière extrême et stupéfiante.

Nous avons bien ri, rassurés après tout ce temps passé ensemble d’avoir conservé notre identité propre, et plus tard, nous nous sommes sauvagement disputé dans la voiture pour une broutille avant d’échanger un baiser salvateur, comme si de rien n’était.

En effet, nous croyons profondément au bon usage de la dispute (enfin surtout elle), et à l’utilité d’un rapprochement physique pour clore le débat (ça c’est surtout moi). Nous sommes pétris (et je pèse mes mots) d’un profond respect l’un pour l’autre, malgré nos différences d’appréciation, d’attitude et de point de vue.

Par exemple, je suis toujours très curieux de lire les SMS fantaisistes et hargneux qu’elle m’envoie quand je suis en retard pour la rejoindre. Ils sont toujours pleins d’une inventivité et d’une vulgarité sensationnelle,tant et si bien que je devine le temps qu’elle a passé à choisir un gros mot plutôt qu’un autre, et qu’elle en a testé les sonorités en les prononçant à voix haute (son côté flaubertien sans doute); mon coeur se remplit invariablement d’amour et de reconnaissance à la vue des mots “sale connard de pute à cul”, car je sais qu’elle les utilise rarement, et avec parcimonie.

C’est à moi qu’elle les destine tout particulièrement, comme les bières fraîches quand les enfants sont enfin couchés, ou comme ses larmes à la fin des films avec Ralph Fiennes.

Je voudrais la remercier publiquement pour ces petites attentions; et aussi d’avoir laissé les raisins secs à part, et pas dans le taboulé.

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Un taboulé tout con: de la puissante grandeur de la vulgarité (clic!)

En effet, la connaissant comme moi seul la connaît, jamais je n’aurais pensé qu’elle acceptât de ne pas bourrer son taboulé de raisins secs: elle déteste les gens qui se plaignent des raisins secs dans le taboulé, et elle prend même un malin plaisir à en mettre une quantité dantesque pour accroître la difficulté de trier (le genre de truc qui la fait jubiler, voyez).

Voilà quelle belle personne se cache derrière les insolentes effronteries de ma femme.

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Du coup, par gratitude, j’ai enfin goûté les raisins secs dans le taboulé pour voir ce que ça donne, et je lui ai dit “c’est pas mal du tout finalement”, alors elle a fini par faire une scène comme quoi ça fait dix ans que je l’enquiquine (ce n’est pas le terme qu’elle a utilisé) avec les raisins secs dans le taboulé alors qu’en fin de compte elle avait raison comme d’habitude et que oui, évidemment que c’est bon, eh pomme!

La vie en rose

Les semaines passées s’annonçaient un peu comme  l’enfer chez les Ricoré, comme dans bien d’autres familles plutôt favorisées tout autour de la terre, remarquez.

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Les dernières réunions ou conseils de classe, les sorties, fêtes ou spectacles de fin d’année, les répétitions pour les concerts ou auditions de Léonard*, notre jeune musicien de talent, les vacances à finir d’organiser (comprendre: dresser la liste des choses à organiser),  tout ça en plus du boulot traditionnel  et des activités habituelles (prendre une douche, se nourrir, faire l’amour faire du sport), sans parler des chaussures à moindre coût à essayer dans une chaleur moite puis à acheter ou alors non, je sais pas, qu’est-ce que tu en penses, ça me grossit les chevilles ou non? Quinze jours assez éprouvants.

 

Tout cela représentait donc à mes yeux l’enfer, mais ça signifie aujourd’hui que ces semaines enfin passées, l’heure est venue de la dernière ligne droite avant ma passion dans la vie: les grandes vacances. Quatre jours. Face à ces deux longs mois d’intense plaisir paresseux qui se profilent enfin, peu m’importent les festivités de fin d’année, les défaites électorales cinglantes, les angines blanches de dernière minute, les remaniements ministériels ahurissants et pleins de promesses ou la pluie battant les pavés après que les nuages aient éclaté. Le bonheur pointe, à portée de jours et voilà. Et puis un vendredi après-midi,  l’annonce qu’on n’attendait plus, celle d’un amusant et exotique chambardement. 

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Alors pour fêter le bonheur éclatant qui se profile derrière les premiers sursauts de nostalgie, voici un menu rose comme les trucs cucul-la-praline que ma fille adore instinctivement, en plus de toutes les choses sur lesquelles elle se rue avec tout le génie de son sexe: chaussures à talons, bracelets, élastiques à cheveux, sacs pleins de petites fleurs… et estival, le menu rose, frais, des herbes, des fruits cueillis à la force du poignet.  

Terrine de saumon à la ciboulette

 

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Mixer 600g de saumon frais (sans peau, sans arêtes), 1 oignon, 4 oeufs, 150 cl de crème de riz (!), 2 tranches de miettes de pain de mie, un beau bouquet de ciboulette ciselée, sel, poivre, remplir une terrine beurrée et cuire 45 minutes th 5-6 au bain-marie. Inspiration directe: Gustave.

 

Charlotte aux framboises

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Imbiber légèrement des biscuits de Reims dans un mélange miel-eau, tapisser un moule à charlotte.

Remplir de la moitié de la crème chantilly (300ml de crème liquide montée en chantilly avec un peu de sucre glace) et de framboises, insérer une couche de biscuits roses imbibés légèrement, puis ajouter la deuxième moitié de crème+framboises. Fermer la charlotte avec une dernière couche de biscuits, fermer hermétiquement, placer au frigo et poser un poids (comme une boîte de pois chiches à tout hasard) dessus pour bien compresser.

 

A part ça, vive la République, la démocratie et à bas les tyrans qui jouent avec les symboles et qui se prendront le retour de bâton de l’Histoire comme il se doit, en temps voulu. Comme vous le constatez, je suis d’humeur lyrique.

 

 

pomodori gratinati (tomates rôties)

Camarades, l’heure est grave.

poulette

Entre la poire et le fromage #2

Il y a peu, une statisticienne en danger me suggérait que la poire n’était plus de saison.