Ma Femme (mince)

Jeune, sybarite, pimpante et mince, Ma Femme est un modèle pour tous les anxieux. D’un naturel taquin et observateur, la révolte gronde en elle mais un inaltérable recul sur la vie fait d’elle une petite chose précieuse fort délectable.

Elle se passionne pour l’art du sommeil, (une rubrique future viendra étayer ce propos), la grande littérature, la cuisine de bistrot, le vin rouge, et le vin blanc car c’est brûle-graisse, les couettes moelleuses (en lien avec le sommeil sus-évoqué).

Elle aime aussi l’Histoire avec un grand H, la politique, les actualités calamiteuses du monde. Et faire un régime, pour avoir des os saillants. Regarder Rolland Garros en buvant des Schweppes light. Changer de sac selon les saisons. Son coeur bat pour un savant mélange de héros distant de Jane Austen, de Roger Federer et de Woody Allen: genre grand, gentil, honnête, beau, maladroit, dévoué et cocasse (c’est elle qui le dit).

Mais attention! Ma Femme* n’est pas qu’un être plein d’amour, elle abhorre des tas de trucs, avec vigueur: l’autosatisfaction et le retard, principalement.

L’odeur des chiens, et les chiens en général, à dire vrai. Les animaux qui sentent mauvais, comme, je sais pas, les biquettes, ou des trucs comme ça? Et puis la promiscuité, les foules, les gens qui te touchent, te palpent, les massages, les coiffeuses, les vendeuses qui veulent savoir si tu trouves ce que tu cherches. Enfin, elle souhaite que l’on souligne qu’elle a proprement détesté deux films, si ça peut éviter à d’autres de perdre de longues heures précieuses de leur vie: Les destinées sentimentales (une imbuvable saga sur les assiettes en porcelaine de Limoges) et Crash  (un bel hommage aux voitures accidentées et à leur perspectives sexuelles). 

Revenons à des choses plus positives. Ses goûts musicaux sont pour le moins éclectiques. Les crooners ont sa préférence. L’opéra (Mozart et Rossini), le bel canto, la musique baroque. Le jazz, le New-Orleans et ragtime,  mais aussi clarinette, trompette, trombone, Dizzie Gillepsie, Glenn Miller, voyez le genre. Véronique Sanson et France Gall (elle les imite quand elle est bourrée ou en voiture depuis plus de cinq heures). Les chanteurs français intimistes, sexy, mous et bourgeois (Delerm, quoi), Cali, et surtout Miossec. Et Alain Bashung, les Babyshambles, Arcade Fire, Joy Division, Arno. La pop anglaise, bon, comme tout le monde (à l’époque, elle était Blur plutôt qu’Oasis, par exemple)(et vous?). Le rap américain (de racailles), avec des gros noirs en casquettes, des grosses bagues, des pistolets dans le caleçon, et des filles en soutien-gorge rose derrière ; normalement exactement le genre de choses qu’elle devrait exécrer, mais en fait elle adore. Allez comprendre !

Par ailleurs elle supporte difficilement: le reggae, les musiques folkloriques et les percussions corporelles.

Sybarite, donc, elle passe beaucoup de temps à lire, des romans surtout, classiques, en général,  avec des trucs qui se passent et des belles phrases: Colette, Zola, Albert Cohen, Dorothy Parker, Tolstoï, Paul Auster, E.M. Forster, Italo Calvino, John Fante, Isaac Bashevis Singer, Jane Austen, Arto Paasilina, Balzac, Simone de Beauvoir, Umberto Eco, les soeurs Brontë, Amos Oz, Dostoïevski, John Irving, les romans médiévaux du cycle arthurien, Tom Sharpe, Hugo, Moravia, David Lodge, Wodehouse, Maupassant, Marguerite Yourcenar, Philip Roth, Mario Vargas Llosa, Balzac,  Bukowski, Graham Greene, Raymond Carver et Agatha Christie, et les polars historiques chez 10/18 pendant les vacances et dans le bain qui sent le thé vert. (sexy chéri, ici tu pourras mettre un truc genre « A compléter » ou je sais pas pour signaler que la liste n’est pas close? ou un truc pour les bédés? ou on met un album avec les livres?).

 

Je vous demande de vous arrêter...arrêtez-vous!